Pourquoi choisir une école bilingue ?

Lundi 16 avril 2007
PARENTS, SI VOUS LE SAVIEZ, VOTRE ENFANT APPRENDRAIT EN BRETON !

De nombreuses recherches démontrent les avantages du bilinguisme précoce mais, à défaut d’information, beaucoup de parents les ignorent. Les linguistes, psycholinguistes, enseignants ont mis en évidence :

1) L’intérêt d’un enracinement socio-affectif et socio-culturel
En Bretagne, le bilinguisme breton-français bénéficie d’un environnement culturel social et affectif tout à fait favorable. Les psycholinguistes le confirment : lorsque l’on vit dans une région avec une langue et une culture spécifiques, le bilinguisme français/langue régionale sera beaucoup plus bénéfique à l’enfant qu’un bilinguisme français/langue étrangère. Evelyne CHARMEUX, professeure, exprime aussi cet avis : « L’avenir c’est le plurilinguisme et dans ce plurilinguisme les langues régionales ont un rôle capital à jouer. L’avantage qu’elles ont sur les autres c’est qu’elles permettent un enracinement socio-affectif et socio-culturel indispensable à l’enfant ».

2) Un développement des capacités intellectuelles de l’enfant.
Le cerveau se développe principalement dans les premières années de l’existence. Plus il est sollicité et plus il se développe. Il faut donc profiter de ces premières années pour solliciter l’intelligence de l’enfant et le bilinguisme est une bonne façon, et pas la seule, de le faire. Le bilinguisme ne s’adresse pas à une élite car comme l’écrit Jean PETIT, psycholinguiste, « Le cerveau de l’enfant est prédisposé à acquérir, par imitation et par reproduction active, toute langue parlée dans son entourage. Il apprend aussi aisément qu’il a appris sa langue maternelle, inconsciemment et quel que soit son quotient intellectuel. En un mot, tout enfant capable d’apprendre sa langue maternelle est capable d’en apprendre d’autres ».

3) Une meilleure connaissance de chaque langue utilisée
Chacune des deux langues enrichit l’autre. Selon G. DALGALIAN, linguiste, « Les langues, ça ne fonctionne pas comme les vases communicants. Les langues ne sont jamais en concurrence. Plus on en apprend et plus cela facilite l’apprentissage de nouvelles langues. Il y a un effet cumulatif. L’apprentissage d’une langue ne nuit pas à l’apprentissage d’une autre langue. C’est tout le contraire ». La grande supériorité d’une école bilingue réside dans le fait que les deux langues sont des véhicules d’enseignement et pas seulement des objets d’enseignement.

4) Des facilités pour apprendre d’autres langues
La compétence précoce dans deux langues permet d’en apprendre d’autres plus facilement. Le système phonatoire et oratoire, c’est à dire la capacité à entendre et à prononcer des sons, souple dans l’enfance, se fige vers l’âge de treize ans. Un individu déjà bilingue développe des capacités acquisitionnelles très supérieures à celle d’un monolingue.

Aujourd’hui, dans une centaine de communes de Bretagne, soit dans les écoles Diwan qui pratiquent l’immersion (activités en breton d’abord puis introduction progressive du français), soit dans les écoles publiques ou privées catholiques qui pratiquent la parité horaire, 11 000 élèves suivent un enseignement bilingue breton-français donné par 600 enseignants. Ces chiffres augmentent chaque année de 7 à 10 %. En Bretagne les seules écoles qui permettent un enseignement bilingue précoce sont les écoles bilingues breton-Français. Leur développement constitue une opportunité pour celles et ceux qui veulent exercer en Bretagne une activité professionnelle autant en français qu’en breton.

Pour inscrire votre enfant dans une école bilingue ou pour devenir enseignant de breton ou d’une matière en breton, renseignez-vous auprès du Conseil Culturel de Bretagne
ksb@kuzul.info
02 99 87 17 65

Par Conseil Culturel de Bretagne
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Lundi 16 avril 2007

POUR LE DEVELOPPEMENT INTELLECTUEL

Un bilinguisme est un facteur de développement de l'intelligence dans des domaines aussi essentiels que celui de la pensée abstraite et symbolique (apprentissage des mathématiques par exemple). Sur le plan purement linguistique, l'enfant bilingue fournit des prestations significativement supérieures à celles d'un enfant monolingue, et cela dans les deux langues. Plus l'enfant est jeune et plus l'acquisition lui est facile.
Jean PETIT - Psycholinguiste

Un enfant qui reçoit une éducation bilingue a en général de meilleurs résultats scolaires pour des raisons de facultés intellectuelles très développées et justement celles qui sont demandées en général dans l'école.
Elisabeth BAUTHIER-CASTAIN - Psycholinguiste 
 
Les études effectuées dans différents pays montrent que les enfants bilingues ont de meilleurs résultats aux tests de quotient intellectuel. Les évaluations concernant leurs capacités à créer sont également meilleures. De même, comparativement aux enfants monolingues, les bilingues sont meilleurs en ce qui concerne les tests de réflexion scientifique et dans la résolution de problèmes mathématiques.
Pr. Colin Baker - Expert international en éducation bilingue


POURQUOI LE BILINGUISME PRECOCE ?

C'est entre 3-4 ans que la capacité d'apprentissage des langues est maximum. C'est là que les capacités de mimétisme, sur quoi est fondé l'essentiel de l'apprentissage d'une langue, sont maximales. Après 13 ans l'appareil phonatoire et articulatoire se fige, ce qui explique que les adultes ont tant de mal à apprendre les langues étrangères. Après 13 ans aussi l'enfant commence à avoir des raisons sociales, des contraintes caractérielles, des séries de réticences dues à l'apparence qu'il entend défendre, la peur du ridicule qui sont des attitudes d'adultes. Un enfant est éminemment favorisé par l'évacuation de toutes ces contraintes, de toutes les censures qui caractérisent l'adulte qu'il commence à devenir après 13 ans. Les expériences qu'on a faites démontrent l'aptitude chez l'enfant au mimétisme phonétique mais aussi la capacité articulatoire et phonatoire : acquisition par conséquent non seulement du vocabulaire et de la syntaxe mais aussi de la prononciation. Ce qui entraîne donc une capacité d'apprendre les langues étrangères mais aussi une capacité à la réflexion et à l'analyse et, généralement, aux conduites réflexives dont les mathématiques sont une des formes les plus élaborées mais pas la seule.
Claude HAGEGE - Linguiste


Le cerveau de l'enfant est prédisposé à acquérir, par imitation et par reproduction active, toute langue parlée dans son entourage. Il apprend aussi aisément qu'il a appris sa langue maternelle, inconsciemment et quel que soit son quotient intellectuel. En un mot, tout enfant capable d?apprendre sa langue maternelle est capable d'en apprendre une autre. La stratégie universelle et innée qu'il met en oeuvre pour cette acquisition simplifie la langue pour pouvoir mieux l'assimiler. Elle produit donc des erreurs qui s'éliminent progressivement et naturellement. Ces déviances constituent autant d'étapes de l'acquisition et doivent donc être traitées avec ménagement. Cette stratégie acquisitionnelle est pleinement opérante dans le très jeune âge. Si l'on attend qu'un enfant ait 6 ou 7 ans pour lui faire aborder l'apprentissage d'une deuxième langue vivante, l'on ne fait que perdre un temps précieux.
Jean PETIT - psycholinguiste

 
POURQUOI LE BRETON ET PAS L'ANGLAIS ?

Il n'est pas utile d'apprendre l'anglais d'abord. L'enfant qui apprend le breton apprendra très bien l'anglais ensuite. Plus un enfant possède de moyens d'expression, plus il sera adapté à son temps de circulations intercontinentales.
Françoise DOLTO - Psychanalyste, spécialiste des enfants


Je suis persuadé que les petits bretonnants parleront mieux l'anglais que les unilingues français. Il n'y a pas de perte d'énergie à apprendre la breton.
André MARTINEZ - Professeur à la Sorbonne

 

Toutes les langues sont utiles indépendamment de leur utilité sur le maintien de la culture et de l'environnement. Elles sont utiles sur un simple plan de formation intellectuelle et donc de la réussite socioprofessionnelle. L'enracinement bilingue d'un enfant breton dans les deux langues breton-français, c'est la base qui lui permettra de toute façon de développer son quotient intellectuel dans tous les domaines, particulièrement l'apprentissage de l'anglais le moment venu. Donc il n'y a aucune nécessité de donner une priorité artificielle à une langue qui n'est pas celle du terrain et de l'environnement. Le choix utilitaire que pourraient faire les familles en préférant le bilinguisme français-anglais au bilinguisme breton-français tourne en réalité le dos à l'utilité.
Gilbert DALGALIAN - Directeur pédagogique de l'Alliance française

 

Si l'enfant vit des situations dans la langue régionale, des situations en français, s'il apprend à l'intérieur de ces situations et, si de temps en temps, on lui permet de faire des comparaisons de manière à bien expliciter les différences qu'il y a d'une langue à l'autre, ce ne peut être que positif et on s'aperçoit que, loin d'entraîner une gêne, chacune des deux langues et chacun des deux savoirs enrichit l'autre. Les élèves avec lesquels je travaille sont tellement bien entre le français et l'occitan que nous avons lancé des explorations de langues étrangères et de construction même de famille de langues. On a des gamins qui au CM sont capables de repérer un texte en allemand, flamand et qui ont un appétit de rentrer dans les langues étrangères extraordinaire. Le fait qu'ils soient en classe bilingue et qu'ils ont travaillé le français et l'occitan fait qu'ils ont, face à une autre langue qu'ils ne connaissent pas, une approche intelligente, analytique tout de suite. Ils ont une aptitude à produire des textes comparativement bien supérieure aux autres enfants. Je suis convaincue que la classe bilingue est une direction qu'il faut approfondir, encourager, multiplier. L'avenir devrait être que toutes les écoles fonctionnent de cette manière.

Evelyne CHARMEUX - Professeur - Chercheur à l'Institut de Recherche Pédagogique

 

Par Conseil Culturel de Bretagne
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